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Les premiers jalons de l'histoire de Saint-Jean-de-Matha datent du XVIIIe siècle, alors que son territoire est formé d'une partie du canton de Brandon et d'une partie, plus grande encore, de la seigneurie de Ramezay. En 1736, cette seigneurie est concédée au chevalier d'Argenteuil, qui la perdit cinq ans plus tard, n'ayant pas construit d'établissement. Ensuite concédée au sieur de Ramezay, cette seigneurie, d'une lieue et demie de front sur quatre lieues de profond, est transmise au juge Pierre-Louis Panet, qui possédait déjà la seigneurie voisine, soit celle d'Ailleboust. C'est sa fille Louise-Amélie qui est la grande responsable des établissements dans ces deux seigneuries, à partir de 1832.

Le territoire a longtemps conservé son caractère boisé. Il est entrecoupé de deux rivières importantes servant de décharge à des lacs poissonneux, bordés par des montagnes tantôt rondes, tantôt abruptes. Les marchands de bois, les acheteurs de limite, les travailleurs de chantier se croyaient à jamais les seuls à parcourir ces vallées au sol généreux. Ils parlaient aisément du grand lac Noir et de la rivière aux chutes spectaculaires, des érablières et du bois d'œuvre qu'on pouvait y exploiter. Ce n'est qu'en 1836 que des pères de famille, dont les terres de Sainte-Élisabeth, Saint-Paul et Joliette avaient atteint leur pleine capacité, songèrent au potentiel agricole des collines du nord pour y installer leurs nombreux enfants.

Après avoir ébauché à peine un chemin d'accès, quatre frères Ducharme, David, Prosper, Hilaire et Maxime, de Sainte-Élisabeth, commencèrent à bûcher dans ce qui est devenu le rang Sainte-Louise, ainsi nommé en l'honneur de la seigneuresse d'Ailleboust, Louise-Amélie Panet, épouse du peintre William Berczy fils. Le succès de leur implantation attira, dans les années qui suivirent, nombre d'audacieux et valeureux colons désireux de s'établir. La concession du rang Sainte-Louise compte 24 habitants en 1848. Tout va bien et rapidement! De nouvelles concessions s'ouvrent à la même époque : celles des rangs Saint-Guillaume, Saint-Léon et Sainte-Julie. Comme le chef de la famille Gadoury, pionnière du rang Saint-Léon, se prénommait justement Léon, on peut supposer qu'il a inspiré le nom de cette concession. Puis vint la concession du rang Sainte-Julie, occupant toute la plaine presque uniforme autour du lac Noir. D'autres colons continuent d'affluer, de Saint-Jacques, Saint-Liguori, Saint-Thomas. Ils installent des sucreries, demandent l'arpentage. Les rangs Sainte-Eugénie, Sainte-Catherine et Saint-François s'ouvrent par-delà et autour du Pain de Sucre, cette montagne isolée, mesurant quelques arpents de tour et environ 300 pieds de hauteur, qui rappelle la forme des pains de sucre du pays. Elle baigne ses pieds dans le lac Noir et sa configuration en fait un point de repère facile, peu importe où l'on se trouve dans la paroisse.

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Les rangs Saint-Pierre, de la Feuille d'Érable, de Belle-Montagne et le chemin de la Rivière-Blanche s'ouvrent à leur tour. Même s'ils sont séparés par de grandes montagnes, le sol y laisse présager d'excellents pâturages. Le plus gros défi consiste à construire une route convenable qui donnera accès au moulin de Pascal Geoffroy. En 1846, tous les colons s'unissent dans une grande corvée pour tracer un véritable chemin, le plus droit et le plus aisé possible. L'actuelle route 131 fut construite sur ce tracé, à la différence qu'à l'époque, le chemin menait au cœur du futur village.

Le 9 septembre 1852, par décret de Mgr Ignace Bourget de Montréal, naît officiellement la paroisse de Saint-Jean-de-Matha, voisine de celle de Saint-Félix-de-Valois. Les noms de ces deux paroisses furent sans doute inspirés à l'évêque du fait que les deux saints patrons ont vécu leur sacerdoce ensemble. À peine la lecture publique de l'érection de la paroisse est-elle faite que déjà des rencontres sont organisées et des pourparlers sont en cours pour savoir qui donnera le terrain pour l'église. Ce sont six propriétaires du rang Sainte-Louise, Alexis Sylvestre, Louis Forget, Mathias Girard, François Charette, Régis Robitaille et Hardouin Coutu, qui offrent chacun une parcelle pour constituer un grand terrain de 7 arpents. En 1854, une modeste église est construite.

Le 1er juillet 1855, on trouve au chapitre 100 des actes du gouvernement du Canada, 18 Victoria, que la paroisse canonique de Saint-Jean-de-Matha, avec ses limites connues, est déclarée municipalité sous le même nom. Six mois plus tard, le premier conseil municipal est formé : Gabriel Pelletier devient le premier maire, secondé par messieurs Jean-Baptiste Robitaille, Jérémie Brault, François Charron dit Ducharme, Onésime Clermont, Régis Robitaille et Alexis Ayotte.

Durant les années 1860, le progrès se fait rapidement et en profondeur. De nouveaux colons arrivent presque tous les jours pour s'établir sur de nouvelles concessions. L'industrie se développe et Saint-Jean-de-Matha devient un pôle d'attraction.

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