le maire Rondeau explique le compte de taxes municipales 2021

Le compte de taxes municipales pour l’année 2021 a fait son entrée dans vos foyers semant, chez certains citoyens, quelques interrogations. D’abord, il faut savoir que tous les trois ans la MRC de Matawinie procède à la confection de son rôle triennal à partir de la mise à jour des évaluations foncières des propriétés sur le territoire de la Municipalité. Pour le rôle d’évaluation foncière 2021-2023, la valeur des propriétés a bondi de façon générale à 11,3 %. Bien que vous puissiez contester cette évaluation auprès de la MRC, il faut comprendre que celle-ci augmente par le fait même la valeur marchande de votre propriété. Dans l’éventualité d’une vente future, vous risquez d’obtenir des offres d’achat plus généreuses. De façon cohérente, une valeur plus élevée des propriétés entraîne une nécessité d’y trouver à proximité des services de qualité. Les gestionnaires municipaux doivent considérer cet aspect dans l’établissement de leurs priorités budgétaires. À l’échelle du Québec, la valeur marchande des propriétés foncières tente de se rapprocher un peu plus du marché canadien, alors que dans certaines provinces des propriétés comparables valent le double (en Ontario) voir même le triple (à Vancouver).

Afin de limiter l’impact du rôle triennal sur votre compte de taxes et le contexte actuel lié à la pandémie, le conseil municipal a choisi de geler le taux de taxation à 0,67 par 100 $ d’évaluation, soit le même taux que l’an passé. Généralement, afin de maintenir des services de qualité, il est souhaitable de suivre le taux d’indexation du coût de la vie. Si on se compare avec la région de Lanaudière, nous constatons que la charge fiscale moyenne des logements est de 1 377 $ à Saint-Jean-de-Matha, alors qu’elle est de 2 211 $ pour la région administrative, ce qui représente un écart de 40 % : une charge fiscale beaucoup moins élevé pour la population mathaloise. Notre taux de taxe est même inférieur à plusieurs municipalités de la MRC de la Matawinie.

Il faut savoir que lorsqu’une municipalité a un faible taux d’endettement, cela peut la priver de son accès à certains programmes gouvernementaux. Cette situation a été rencontrée dans le cadre du programme RECIM permettant de subventionner les projets de construction d’une caserne de pompier, tel que celui de nos voisins du sud qui ont pu s’en prévaloir. Selon les gouvernements, nous n’avons pas utilisé tous les leviers disponibles, entre autres en n’effectuant pas suffisamment de dépenses nécessitant des règlements d’emprunt, faisant en sorte que nous devons recourir à cette procédure avant d’avoir accès à une aide gouvernementale. Ainsi, l’on peut affirmer qu’une gestion trop économe pénalise la Municipalité relativement à certaines subventions. Par conséquent, en plus de bénéficier d’un taux de taxes nettement inférieur à la classe de population correspondante, nous sommes une municipalité peu endettée.

Cependant le professionnalisme de nos fonctionnaires et élus nous permet d’assurer une qualité de service exceptionnelle. Des bâtiments bien entretenus (d’ailleurs une agréable surprise vous attend lors de votre prochaine visite au centre culturel), du matériel roulant efficace, des routes en excellent état (11,3 kilomètres de réfection en 2020) et surtout une qualité d’employés enviable. Lorsque vous examinez votre compte de taxes, vous pourrez constater que certaines infrastructures sont sectorielles, c’est-à-dire qu’elle concerne un bassin bien défini, tel que le barrage de la Rivière-Noire aux résidents du lac Noir ou les infrastructures sur la rue Lessard ou Edouard aux gens du village. Or, d’autres taxes s’appliquent à l’ensemble de la population telles que celles relatives au centre culturel, à l’acquisition d’un camion-échelle ou aux loisirs. Pour certaines de ces taxes, nous avons choisi de les ventiler sur le compte afin que la population en soit bien informée. Cette année vous y retrouverez la taxe pour l’acquisition de matériel roulant par le Service des travaux publics et celle pour la réfection de divers chemins réalisée dans le cadre du programme Redressement des infrastructures routières locales (RIRL) du ministère des Transports, soit le chemin Belle-Montagne, le chemin du Lac Mondor, le rang Saint-François ainsi que le chemin de la Rivière-Blanche. La réfection de ces routes qui représentent des artères essentielles et vitales de notre réseau routier est une excellente nouvelle non seulement pour les automobilistes, mais aussi pour les cyclistes qui pourront, dès le printemps y circuler sur un pavage de qualité en contemplant nos magnifiques paysages. Cette taxe n’augmente pas nécessairement votre compte, car elle peut prendre la place d’une taxe d’une autre infrastructure dont la dette fut entièrement remboursée.

L’impact du programme RIRL pour les chemins ci-haut mentionnés représente peu quand on considère les bénéfices reçus par la Municipalité. En effet, bien que plusieurs programmes fussent suspendus par les gouvernements en période de pandémie, la Municipalité a réussi à obtenir une subvention représentant près de 90 % du coût des travaux, lesquels étaient évalués à 3 millions de dollars.  Par conséquent, un pourcentage d’environ 10 % du coût des travaux devait être assumé par l’ensemble de la population mathaloise. Allions-nous renoncer à cette opportunité unique pour éviter le faible impact se trouvant sur votre compte de taxes municipales?

En terminant, je souhaite expliquer davantage la situation quant aux coûts liés à l’élimination des matières résiduelles. Tout d’abord, notre stratégie d’appel d’offres nous a permis d’économiser près de 100 000 $ annuellement. L’effort réalisé par les résidents pour le recyclage et le compostage des matières résiduelles porte ses fruits. En effet, des redevances et compensations de l’ordre de 200 000 $ permettent de diminuer les coûts initialement établis à 700 000 $ par année. Il va de soi que nous vous encourageons fortement à continuer ces bonnes habitudes pour l’environnement et votre portefeuille. La hausse des coûts cette année tient au fait qu’en raison de la pandémie plus de gens sont demeurés à leur résidence augmentant le tonnage en déchets devant être enfouis et pour lequel nous avons dû rencontrer des factures plus importantes. Évidemment, lorsque la situation sera revenue à la normale et que les citoyens continueront à maintenir leurs bonnes habitudes en matière de recyclage et compost, ces coûts diminueront.

Espérant que ces quelques explications puissent répondre à vos interrogations, je vous transmets mes plus sincères salutations.

Martin Rondeau, maire