Presbytère de Saint-Jean-de-Matha: l’évêché fait cavalier seul

Mercredi 28 août 2019 - Le 2 mai dernier notre presbytère a été incendié. Comme vous le savez, ce bâtiment appartient à la fabrique et protégé à titre de bien patrimonial. Bref, il ne peut être démoli sans une autorisation de la municipalité et du ministère de la Culture et des Communications. Nous avons espéré connaître rapidement les intentions de la fabrique sur l’avenir de ce bâtiment. En effet, les citoyens ont manifesté clairement leurs appréhensions quant à l’avenir de ce joyau patrimonial. Plusieurs confondent le rôle et les obligations de la fabrique et ceux de la municipalité. Bien que nos ancêtres aient œuvré à la construction des bâtiments, les instances religieuses nous rappellent souvent, dès que l’occasion s’y présente, que seul l’évêché a autorité sur les biens et l’avenir de ce patrimoine. Afin de tenter de rassurer la population, le 8 juillet le conseil a adopté une résolution demandant à la fabrique de nous faire connaître ses intentions concernant leurs obligations légales prévues à la loi sur le patrimoine culturel.

Le 14 août, le maire Martin Rondeau accompagné du directeur général, Philippe Morin, ont rencontré le conseil de la paroisse Sainte-Trinité, regroupant trois municipalités, dont Saint-Jean-De-Matha. La fabrique a alors confirmé que la couverture d’assurances n’offrait qu’un dédommagement de 387 000 $ nettement insuffisant pour restaurer la bâtisse, nécessitant un investissement de plus de 730 000 $. Monsieur le curé, Michel Lapalme a alors indiqué que la fabrique n’entendait pas reconstruire le presbytère, ce qui fut confirmé, toujours selon ce dernier, par l’évêché. Les représentants de la municipalité ont alors rappelé à la fabrique ses obligations relativement au bâtiment, notamment l’impossibilité de le démolir sans l’autorisation du conseil municipal. Cette option serait de toute façon refusée par le conseil municipal vu la volonté populaire de conserver ce bâtiment patrimonial. Bien que la municipalité n’ait pas l’intention d’acquérir ce bâtiment, ni même d’y investir des sommes, nous avons proposé de jouer le rôle de facilitateur pour encourager la réalisation de projets revitalisants pour le noyau villageois.

Dans une lettre datée du 27 août, la paroisse Sainte-Trinité a décliné notre proposition de jouer le rôle de facilitateur pour encourager la réalisation de projets vivifiants. Au cours d’une conversation téléphonique entre le maire et le curé, le 28 août, ce dernier a indiqué que la paroisse et l’évêché entendaient donner un mandat à un courtier pour vendre la bâtisse et qu’après l’écoulement d’un délai de six mois infructueux, les citoyens pourraient être appelés à présenter des projets. Malgré cette décision unilatérale de la paroisse et l’évêché, une consultation des citoyens se tiendra à l’église le 9 septembre prochain à

19 h ... même jour et même heure que la tenue de l’assemblée municipale privant ainsi les élus et les citoyens de leur présence à l’église pour l’occasion.

Nous nous interrogeons sur l’utilité de cette consultation considérant que les décisions semblent prises par les hautes autorités diocésaines. Nous déplorons le fait que les élus mathalois ne puissent présenter leurs opinions à l’occasion de cette consultation et qu’ils n’aient pas été consultés par l’évêché quant à l’avenir souhaité par la population pour ce bâtiment construit par nos ancêtres.

À la lumière de ces faits, nous nous interrogeons sur les réelles intentions de la paroisse Sainte-Trinité et de l’évêché. La volonté des citoyens, la mobilisation des derniers mois pour sauver ce bâtiment, la collaboration des élus et de la municipalité semblent ne pas influencer les priorités de l’évêché. Le courtier immobilier mandaté par la fabrique, ne sera pas en mesure d’évaluer les besoins de notre municipalité pour revitaliser le noyau villageois. Dans une autre mesure, une éventuelle commission aurait pu constituer une mise de fonds pour la réalisation d’un projet assurant la protection du bâtiment et le développent dynamique de notre centre de village. En agissant ainsi, l’évêché fait fi de la volonté populaire et fait affront à nos ancêtres dont la sueur, le travail et l’investissement ont permis au diocèse d’acquérir ces biens. Ces lieux, bien que légalement propriété de l’évêché, appartiennent de cœur, d’héritage et d’attachement à nos citoyens. Ils ont élu des représentants pour défendre leurs intérêts. La moindre des choses aurait été une simple considération auprès du conseil municipal visant à chercher ensemble la meilleure solution. Si du moins nous puissions être assurés que les fruits récoltés de la vente du presbytère ou du produit des assurances demeurent dans les coffres de la fabrique locale pour assurer la pérennité de notre église. Rien n’est moins sûr.

En considération des faits ci-haut mentionnés, nous sollicitons une audience auprès des autorités diocésaines afin que nous puissions jouer un rôle important pour l’avenir de ce bâtiment. Entre-temps, soyez assurés que nous prendrons les mesures pour nous assurer que le bâtiment soit protégé au cours des prochains mois, surtout pendant l’hiver. De plus, nous rappellerons instamment les obligations strictes de l’évêché quant à la protection de ce bâtiment en établissant un échéancier ferme. Nous veillons au grain! Ce bâtiment fait partie de nous et il peut compter sur notre bienveillance.